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Symptothermie : comment ça se passe au quotidien ?

Mis à jour : juil. 17

Lorsque l’on parle de symptothermie, les mêmes questionnements et les mêmes craintes reviennent systématiquement : 

« Ce n’est pas trop compliqué ? Pas trop long au quotidien ? »,  « faut-il s’observer tous les jours ? Comment faire si on oubli parfois de s’observer : cela peut-t-il avoir un impact sur la fiabilité de la méthode ? Et si on est malade comment faire ? Toutes les femmes sont-elles capables d’observer leurs signes de fertilité ?  Y a-t-il suffisamment de jours infertiles pour avoir des rapports sexuels non protégés... ? 

Ces questions et ces doutes je me les suis moi-même posés lorsque j’ai songé à commencer mes observations. Forte de mes deux années d’expérience je peux vous assurer avoir obtenu des réponses très positives à mes appréhensions. Je vous rassure, la symptothermie est avant tout une méthode émancipatrice et simple à mettre en pratique, bien moins contraignante qu’avaler une pilule contraceptive chaque jour. Oui oui, je vous l’affirme ! Toutes les « symptothermiciennes » pourront vous le dire : « la symptothermie, c’est comme un jeu d’enfant » ! Mais bien sûr, je ne vous cache pas qu’elle requiert un temps d’apprentissage pour être pleinement efficace. Cette période d’apprentissage qui s’écoule sur quelques cycles, permet à la femme d’apprendre à se reconnecter à ses signes de fertilité, pour devenir par la suite autonome dans la gestion de sa fécondité.


Imaginez qu’on vous offre un jeu de société. Vous savez brièvement la visée globale de ce jeu mais vous n’en connaissez pas encore le fonctionnement exact. Alors vous lisez les règles du jeu et tentez une première partie, les yeux jamais bien loin de la notice. Les premières tentatives sont rarement concluantes car il faut jouer tout en vérifiant que les règles sont bien assimilées et respectées. Cela, et vous le savez, demande une concentration de mise ! Mais au fur à et mesure que vous allez vous expérimenter à ce jeu des réflexes vont se mettre automatiquement en place et vous pourrez ainsi développer plus de stratégies et sortir plusieurs fois vainqueur. Et bien avec la symptothermie c’est exactement le même raisonnement qui se joue. Alors, cela vous semble-t-il toujours insurmontable ?

Avant de répondre à toutes vos interrogations, une petite définition de la symptothermie me semble indispensable.

La symptothermie en quelques mots...

C’est très simple. La symptothermie décrypte le langage du cycle menstruel par l’observation des symptômes du corps féminin (glaire cervicale et/ou col de l’utérus) au regard des variations de la température basale, d’où le nom sympto-thermie. Elle permet ainsi aux femmes de connaître précisément les périodes où elles ont des chances de tomber enceinte et les périodes où elles n’ont aucun risque de l’être. Cette méthode peut donc s’utiliser comme aide à la conception ou comme moyen d’éviter une grossesse. Il n'est absolument pas nécessaire d'avoir des cycles réguliers pour pratiquer la symptothermie. En effet le seul élément régulier du cycle est précisément son irrégularité. Selon l’OMS, si elle est bien apprise et appliquée, son taux d’échec est équivalent à celui de la pilule et du stérilet en cuivre.


La symptothermie : trop compliquée ? Trop long au quotidien ? 

La symptothermie : trop compliquée au quotidien ? 

Non, pratiquer la symptothermie n’est pas compliqué. Évidemment, comme je l’ai signalé en introduction, cette méthode ne s’improvise pas et nécessite un temps d’apprentissage à son commencement pour devenir autonome. Il faut généralement attendre six cycles pour acquérir les réflexes, pouvoir commencer à avoir des rapports sexuels non protégés en période infertile et se passer alors du soutien d’une conseillère formatrice.


Concrètement, au quotidien la femme doit observer deux signes : sa température au réveil et sa glaire cervicale. Si prendre sa température est un geste facile qui ne demande pas un très grand effort intellectuel, l’observation de la glaire cervicale requiert, quant à elle, plus d’expérience. Il s’agit d’une substance tantôt blanchâtre, tantôt filante, tantôt jaunâtre qui, produite au niveau du col de l’utérus, s’écoule par le vagin. Cette glaire cervicale fait partie de la famille des pertes blanches physiologiques. Elle est tout à fait perceptible à la vue, au toucher et se ressent également à l’intérieur même du vagin. Je pense que si des lectrices lisent ces lignes, elles trouveront cette description très familière. C’est normal !


À partir du moment où la femme a intégré le fait que cette substance est intimement liée à sa fertilité, elle sera beaucoup plus à l’écoute de ce symptôme qu’elle ne considèrera plus comme un élément anormal, pathologique et repoussant. Un automatisme se mettra tout doucement en place, tout comme lorsque notre ventre gargouille ou que nous baillons : nous savons pertinemment que nous avons faim ou que nous avons sommeil. C’est si logique qu’il ne nous viendrait même pas à l’idée de remettre en cause ces symptômes. Et bien vous saurez dorénavant que la glaire cervicale est chez la femme un signe de fertilité de grande envergure sans quoi nous ne serions pas sur Terre actuellement.


La symptothermie : trop long au quotidien ? 

Non, la symptothermie ne prend pas beaucoup de temps au quotidien. Assurément moins que de se laver les dents ! D’une part prendre sa température ne demande que quelques secondes par jour ce qui est tout à fait raisonnable. D’autre part, observer sa glaire cervicale est un geste intuitif. Toute femme peut la ressentir au cours de la journée ou en s’essuyant aux toilettes. Cela ne nécessite en fait aucun temps supplémentaire par rapport à une femme qui ne s’observe pas. Il suffit simplement de conscientiser ce phénomène.


Le soir, les observations de la journée se notent sur un document spécial qu’on nomme cyclographe. Cela prend également quelques secondes à une minute par jour. À titre de comparaison, je pense sincèrement qu’attraper sa plaquette de pilule, en sortir le médicament de son blister, remplir un verre d’eau, mettre la pilule sur sa langue et l’avaler - sans compter le temps de digestion que cela requiert - prend autant de temps, si ce n’est plus, que d’observer ses signes de fertilité.

Faut t-il s'observer tous les jours ? Que faire en cas de maladie ?


En période d’apprentissage – soit les 6 premiers cycles de commencement - il est conseillé de s’observer tous les jours. Bien sûr s’il y a quelques oublis d’observation ce n’est pas dramatique. Nous restons des humains et avons bien droit de ne pas être toujours trop rigoriste, trop rigide. Ce n’est d’ailleurs pas le but de la méthode. Il ne faut pas que s’observer devienne une charge mentale supplémentaire. Il peut manquer plusieurs prises sans que cela compromette la fiabilité de la méthode. Si vous fêtez l’anniversaire de tonton Albert toute la nuit vous n’aurez pas forcément envie de vous réveiller le matin juste pour prendre votre température. Et c’est bien compréhensible, d’autant plus que cette température risque d’être bien perturbée par le manque de sommeil. Aussi, lorsqu’on est malade, s’observer n’aura pas grand intérêt dans la mesure où le cycle est le reflet de la santé de la femme. Autrement dit, en cas de maladie notre cycle se trouve également perturbé et est difficilement interprétable. Il est bien possible que dans de pareilles conditions on n’ovule pas. Dans ces circonstances, mieux vaut reprendre ses observations qu’une fois guérie.


À partir du moment où l’on devient autonome dans sa pratique, continuer à s’observer dès lors que l’on a validé son ovulation n’est absolument pas une obligation. Certaines femmes continuent à s’observer pour percevoir l’arrivée de leurs règles ou vérifier l’état de l’hormone progestérone, d’autres pour confirmer un début de grossesse. Autrement, ce n’est pas une nécessité. De même, la majorité des femmes peuvent recommencer leurs observations plusieurs jours après leurs règles. En fin de compte, une femme experte et en bonne santé peut s’observer qu’une grosse semaine par cycle. La fiabilité de la méthode n’en sera pas impactée. Si on compare avec une femme sous pilule qui doit prendre son cachet tous les jours ou au moins 21 jours à la même heure, tout en sachant qu’un seul oubli peut aboutir à une grossesse, cela semble quand même carrément réalisable et beaucoup moins angoissant non ? En pratique la pilule est d’ailleurs beaucoup moins fiable : son taux d’échec monte à 8% contre 1,8% pour la symptothermie. Le choix est vite fait…


Est-ce que toutes les femmes peuvent observer leur glaire cervicale ? 


À priori oui sauf dans certains cas.

D’abord, les femmes sous contraceptifs hormonaux ne la distinguent généralement pas car le but de ces contraceptions vise à rendre la femme infertile en permanence par la suppression de l’ovulation. Ainsi, la glaire cervicale, qui est un indicateur de fertilité n’est plus produite ou du moins n’évolue pas.

Deuxièmement, certaines opérations peuvent altérer voire supprimer sa production. Les femmes qui souffrent d’infections sexuellement transmissibles subissent souvent une conisation : une opération qui consiste à enlever une partie du col de l’utérus infecté. Or, étant donné que la glaire cervicale est sécretée au niveau du col, dans ce que l’on appelle les cryptes cervicales, une conisation trop importante peut parfois carrément supprimer ces cryptes. La glaire ne peut donc plus être produite et n’est de fait, plus perceptible par la femme.

Troisièmement, les petites filles et les femmes ménopausées ne peuvent pas l’observer car elles ne sont pas encore, ou alors plus du tout fertiles.

Enfin, il se peut que la glaire cervicale soit difficilement visible lorsque la femme souffre par exemple de constipation, de déshydratation ou si elle est sous traitement médical. Bien entendu ces problématiques ne sont pas immuables et il est tout à fait possible trouver des solutions pour éviter ces désagréments.

Y a t'il plus de jours infertiles que fertiles dans un cycle ? 


Pensez-vous bien que si les femmes étaient plus souvent fertiles qu’infertiles, je pense que jamais je n’aurai songé à pratiquer la symptothermie. Pouvoir avoir des rapports sexuels non protégés sans compromettre sa santé et l’environnement c’est extraordinaire mais encore faut-il que cela puisse se reproduire souvent dans le cycle !


Alors que les hommes sont fertiles tous les jours, les femmes sont fertiles en moyenne un tiers de leur cycle. Sur un cycle de 30 jours, on peut compter sur 10 jours de fertilité contre 20 jours d’infertilité – soit une dizaine de jours d’abstinence ou de rapports sexuels protégés par un moyen barrière, et une vingtaine de jours de rapports sexuels complètement libres. C’est pas mal quand même non ? Surtout qu’il a été prouvé que cela augmente la communication de couple et un plus grand respect de l’homme vis-à-vis de la cyclicité féminine.


Bien entendu la durée peut varier d’une femme à l’autre et même d’un cycle à l’autre. Les femmes ne sont pas des horloges normandes que rien ne pourrait perturber. L’ovulation dépend de l’état physique et psycho émotionnel de la femme. Autrement dit, si par exemple on est stressée ou triste, si on ne mange pas correctement, si on ne fait pas assez d’exercices physiques ou si on est en contact avec des sources de pollutions, l’ovulation peut être retardée voire supprimer. C’est pourquoi il peut y avoir plusieurs tentatives d’ovulations au cours d’un cycle. La période de fertilité peut donc s’allonger. Le grand avantage de pratiquer la symptothermie est qu’elle permet de détecter rapidement les voyants rouges que la femme n’aurait pas forcément remarqué si elle ne s’observait pas. Au-delà d’être une aide à la conception et à la contraception, c’est en somme une méthode de prévention de la santé : la femme remarque une disparité dans son cycle, tente de trouver la cause du problème et agit en conséquence pour rétablir l’équilibre.


C’est donc à juste titre que la symptothermique est considérée comme une méthode dite holistique puisqu’elle prend en compte la femme dans sa globalité. Elle ne réduit pas le cycle à un processus fonctionnant indépendamment du reste du corps comme l’imaginaient les vieilles méthodes de grands-mères qui se basaient sur un calendrier pré-conçu pour toutes les femmes.


Pauline Aubanton



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