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Cycle féminin et cycle de la Terre : intimement reliés ?

Mis à jour : mars 20

Les saisons de la Terre rythment le quotidien de tous les Terriens depuis la nuit des temps. Les êtres vivants ont appris à s'adapter à ses fluctuations. Pendant longtemps les paysans ont cultivé en fonction des états d'âmes du ciel. Le cycle de la Terre a toujours eu un caractère sacré, mystique et impénétrable, inspirant les plus grands écrivains et artistes de toute époque. Mais qu'en est-il du cycle féminin ? Qui a conscience que lui aussi est composé de quatre saisons qui ont une influence sur la vie des femmes ?


Quelle femme n’a jamais ressenti de changements d’humeur, d’énergie ou d’état d’esprit au cours de son cycle menstruel ?


En réalité, très peu. Déjà au temps de la Renaissance, le roi François 1er avait saisi cette particularité si féminine. Lasse de devoir supporter les variations de ses conquêtes amoureuses une légende raconte qu’il aurait gravé sur un vitrail du château de Chambord ces deux célèbres vers : « Souvent femme varie, / Bien fol qui s’y fie », autrement dit « évitons de faire confiance aux femmes car elles changent souvent d’avis ». Un moyen comme un autre de dénigrer la femme, la faire passer pour un être inférieur et hystérique. Une manière de déconsidérer la véritable force que cette singularité lui donne. Lui rappeler qu’elle est le sexe faible. Car en vérité, en tout temps, les variations cycliques des femmes ont intrigué, perturbé, pétrifié parfois. La peur entraînant un désir de maîtriser cette puissance qui dérange. Encore aujourd’hui les femmes sont contraintes à intérioriser cette puissance, à ne pas l’exprimer, au risque d’être mises à l’écart comme était la sanction des sorcières d’autrefois.


Si de nos jours, quelques rebelles du système apprennent à écouter ces changements pour en faire un allié dans leur quotidien, d’autres, plus nombreuses, et du fait que le cycle féminin véhicule toujours tant de tabous, vivent ces variations comme un complexe à gommer. Certaines iront jusqu’à renier leur caractère cyclique par le biais d’hormones de synthèse dans le but d’obtenir la linéarité des hommes. La linéarité étant considérée dans nos sociétés Occidentales comme vecteur de liberté et de rendement, la cyclicité comme une souffrance et un fardeau à évacuer. Pour se sentir égales des hommes il est donc logique que les femmes décident d’étouffer le « problème » de cette cyclicité jugée trop encombrante mais pourtant si saine et si fondamentale …


Ce sont les hormones féminines naturelles – et non une malédiction - qui sont responsables de ces variations. Leur intensité est différente d’une femme à l’autre. Elles sont les conséquences des fluctuations hormonales qui opèrent lors de chaque cycle. Mais pourquoi ont-elles un si fort impact sur les femmes ? Pour donner une réponse à cette question une explication du fonctionnement du cycle menstruel s’impose.


Lorsque l’on parle du cycle féminin on évoque le plus souvent les menstruations car il s’agit de l’épisode le plus marquant chez les femmes, celui qu’elles attendent impatiemment à l’issue de chaque cycle tout en le redoutant intensément. Pourtant, l’évènement majeur du cycle menstruel est non pas les règles mais l’ovulation. De la puberté à la ménopause, cette manifestation qui pointera le bout de son nez environ 400 fois dans la vie d’une femme, donne la possibilité à celle-ci de devenir mère lors de chaque cycle. Toute la physiologie féminine s’articule autour de cet évènement central délimitant le cycle en 4 parties que l’on pourrait appeler saisons tant elles sont similaires à celles de la Terre :


- La phase pré-ovulatoire : le printemps - L’ovulation : l’été - La phase post-ovulatoire : l’automne - Les règles : l’hiver


La pré-ovulatoire : le printemps


Au printemps les bourgeons éclosent. Les animaux sortent de leur tanière. La vie reprend peu à peu ses droits après la fraicheur hivernale. Dans le cycle féminin, cette période de renaissance fait référence à la phase pré-ovulatoire qui commence après les règles – voire dès celles-ci – jusqu’à l’ovulation. Elle a pour mission de préparer l’évènement majeur du cycle qu’est l’ovulation. Ainsi, dans chaque ovaire environ une quinzaine de follicules contenant chacun un ovocyte va croître. Pour que ce soit plus accessible, imaginez que le follicule est un fruit enveloppant un petit pépin. Ces fruits (les follicules) vont donc mûrir pendant plusieurs jours jusqu’à ce que le plus gros d’entre eux soit élu pour expulser son pépin (l’ovocyte) lors de l’ovulation. En mûrissant, ils sécrètent une hormone : l’œstrogène. Plus ils grossissent et plus le taux d’œstrogènes dans le sang est important. Cette hormone est responsable de divers changements chez les femmes qui s’apparentent à l’énergie du printemps. Comme dans la nature où tout s’éveille, le corps féminin sort de sa retraite menstruelle et donne l’envie aux femmes de profiter de ce nouvel élan. Elles se sentent généralement plus fortes, plus vives d’esprit et plus déterminées comme si tout se réveillait en elle.


Cette saison féminine est idéale pour :

> Mettre en route un projet, prendre une décision, porter un regard neuf sur les choses du passé

> Parler en public, faire une conférence, défendre une cause

> Établir sa comptabilité, faire de la recherche et développer son esprit de synthèse

> Organiser des sorties en groupe, au musée, au théâtre, prévoir des ballades…

> Faire une randonnée et du camping sauvage


L’ovulation : l’été


Les abeilles pollinisent les fleurs, les bourdons pirouettent de fleurs en fleurs transportant et dispersant autour d’eux le précieux pollen qui enseminera de nouvelles générations de fleurs et de fruits. L’air est chaleureux. Les bonnes odeurs et les mille couleurs des plantes forment un environnement propice au partage et à l’accouplement. C’est le temps des éclosions. Chez la femme aussi c’est l’été. Le taux d’œstrogènes dans le sang atteint son paroxysme. L’ovocyte est expulsé du follicule en vue d’une éventuelle fécondation par un spermatozoïde. La femme rayonne et est entièrement tournée vers les autres qu’elle désire entourer, protéger et aimer avec une générosité sans faille. L’énergie qu’elle ressent lors de cette période lui donne intensément envie de partager des moments de tendresse avec son partenaire. Perpétuation de l’espèce oblige, son corps fait tout pour qu’un visiteur viennent butiner sa fleur.


C’est souvent le bon moment pour :

> Prendre soin de sa maison, de son cocon

> Passer du temps avec ses enfants, sa famille, ses amis, son conjoint. Être présente autour de soi et partager des bons moments

> Cuisiner de bons petits plats pour ses proches

> Oser rayonner


La phase post-ovulatoire : l’automne


On aimerait bien que l’été puisse se prolonger pour profiter éternellement de l’ambiance chaleureuse qui s’en dégage et unit les êtres. Cette saison est néanmoins très rapide chez la femme car d’une part l’ovulation est imminente et d’autre part l’ovocyte expulsé ne peut vivre que quelques heures en attentant qu’un éventuel spermatozoïde veuille bien de lui, suite à quoi il meurt. L’été est fini. L’ovulation fait désormais partie du passé. L’œstrogène diminue drastiquement et laisse place à une autre hormone : la progestérone qui a pour mission de préparer le corps à une éventuelle grossesse. L’automne commence. Le temps des fleurs en abondance est révolu. Les arbres se dénudent peu à peu. La nature a donné tout ce qu’elle avait. La gaieté de l’été s’assombrit.


Chez les femmes, la période qui suit cet évènement a un nom : c’est la phase post-ovulatoire. Elles peuvent sentir en elles ce passage passant de la lumière à l’ombre comme si l’énergie qui les rendait jusque-là très ouvertes se retirait progressivement. Leurs forces physiques s’amoindrissent tandis qu’une force intérieure les anime de plus en plus. Ces deux mouvements parallèles et contradictoires peuvent être sources de tensions et de contrarités. Ce besoin de retrait engendre une certaine indifférence envers les personnes et activités auxquelles elles portent habituellement tant d’intérêt. En somme, elles souhaitent davantage se recentrer sur elles plutôt qu’aller vers les autres. Elles sont intuitives. Certaines femmes peuvent souffrir pendant cette période de divers déséquilibres, généralement hormonaux, qui ont pour conséquences de déclencher le Syndrôme Prémenstruel ou SPM : dépression, fatigue, tension des seins, irritabilité, émotivité, acné, envie de sucre ou nausée sont quelques exemples de ce qu’elles peuvent vivre.


Cette saison est parfaite pour :

> S’écouter et donner forme à son univers intérieur en déployant ses talents artistiques

> Ralentir le tempo

> Laisser exprimer sa sensualité

> Prendre soin de sa peau


Les règles : l’hiver


En hiver, les animaux hibernent. Les arbres sont squelettiques. La terre est sombre, froide, silencieuse. Tout semble figé dans le temps. La nature a terminé son cycle. Elle s’accorde une période de répit. Chez la femme, un cycle menstruel vient de se finir, un autre commence. La boucle est bouclée. Comme aucun spermatozoïde n’est allé féconder l’ovocyte en temps voulu, le nid qui s’était constitué dans l’utérus pour accueillir un nouvel être humain se défait et s’écoule par le vagin. Les femmes peuvent vivre ce passage comme une parenthèse dans le temps, comme si elles étaient arrivées au bout d’une étape et qu’elles pouvaient enfin souffler, prendre une profonde expiration et s’abandonner. L’écoulement du sang entraînant avec lui le vécu des jours et des semaines précédentes avec ses joies, ses troubles, ses faiblesses et ses résistances. Les femmes ont souvent l’impression d’être dépourvues de forces, isolées, absentes, entièrement enracinées au plus profond d’elles-mêmes. Elles se recentrent sur elles et tentent de s’éloigner du monde anxiogène qui les entoure.


C’est la saison idéale pour :

> Hiberner : couper son téléphone et se mettre au lit avec une bouillotte bien chaude et un bon bouquin

> Se cuisiner une soupe bien chaude et reconstituante, boire des tisanes de feuilles de framboisier

> Se séparer de ce qui est superflu, mettre un terme aux relations toxiques, oser dire non

> Passer du temps avec son animal de compagnie

> Marcher dans la nature et cueillir des plantes sauvages

Chères lectrices, peut-être qu’en lisant ces lignes vous avez remarqué des similitudes avec ce que vous viviez déjà, sans que jusque-là vous n’ayez établi de liens avec votre vécu et les fluctuations de vos cycles ; ou alors vous venez d’avoir la confirmation de ce que vous aviez déjà pressenti. Peut-être même que vous découvrez complètement ce qui se passe en vous lors de chaque cycle : vous serez alors sans doute plus à l’écoute de celui-ci dans l’avenir. En tout cas, même s’il existe bel et bien quatre phases dans le cycle menstruel, elles ne seront pas forcément toutes vécues de la même manière chez toutes les femmes. Chez certaines les changements de saison se font bien sentir tandis que chez d’autres le passage est plus silencieux, plus subtil… Chaque femme vit ses cycles différemment. C’est l’une des singularités qui la rendent si unique !


Pauline Aubanton

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